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Tunnel

Le Lioran

Du côté d’Aurillac, c’est le versant sud du col du Lioran : le paysage se compose de prairies, de taillis ligneux denses et de hêtraies. La route domine un talweg boisé et la voie ferrée qui s’engage dans un tunnel ferroviaire, une quinzaine de mètres en contrebas.

Au coeur du massif des volcans d’Auvergne, le tunnel du Lioran est le plus vieux tunnel de France. Long de plus d’un kilomètre, il fût achevé en 1847 et permit de relier St-Flour à Montauban. Mais l’essor des moyens de transport modernes l’a rendu obsolète voir dangereux. Aujourd’hui, la RN 122 sillone le Cantal, reliant Aurillac à l’autoroute Clermont Ferrand-Millau. Le percement d’un nouveau tunnel s’impose, parallèlement à l’ancien qui devient galerie de secours.

L’entrée du tunnel se situe en avant de l’ancien ouvrage d’art. La tête du tunnel se présente plus frontalement et son impact dans la paysage est d’autant plus fort que l’ouverture du front de percement a nécessité une profonde entaille dans le versant, sous forme de trois risbermes parallèles à la route.

L’objectif est donc à la fois d’assimilier cette plaie ouverte dans le paysage et de mettre en valeur la monumentalité de l’entrée du tunnel. Il s’agit d’une part de concevoir une façade qui  intègre notamment l’usine de ventilation implantée à l’extrémité du tube souterrain, d’autre part de proposer un traitement des risbermes qui constituent une paroie stérile haute de 25 mètres.
Nous avons ainsi imaginé un fronton, adossé au tympan du tunnel et suggérant le profil du versant entaillé. Cette façade monumentale se doit d’avoir une qualité esthétique particulière qui identifie fortement la tête du tunnel tout en se fondant dans le paysage. Un parement en acier corten, dont la couleur de rouille renvoie aux teintes chaudes du versant, évoque symboliquement la lame qui aurait entaillé la montagne pour ouvrir le tunnel.
Escamotée derrière ce fronton, l’usine de ventilation est ensevelie de façon à reconstituer un versant végétalisé où n’émerge que la cheminée d’extraction.
Les risbermes latérales ayant fait l’objet de nombreuses hypothèses de soutènement qui puissent conjuguer le rôle structurel et la qualité esthétique (Teratrel, mur Delta), il s’est avéré incontournable de conforter les parois par clouage et béton projeté. Dès lors, il devenait indispensable d’imaginer une solution de parement pour les parois et de permettre une végétalisation des terrasses. Les parois sont donc habillées de bloc de pierre cyclopéens, les terrasse reçoivent une épaisseur de terre suffisante pour constituer des banquettes arbustives en cohérence avec la végétation du versant et à l’échelle de l’ouvrage. Les plantations consistent donc en une palette végétale appropriée aux conditions climatiques et pédologiques du site, étroitement afiliée aux espèces locales, de façon à reconstituer un couvert végétale rustique et autonome.

Date de réalisation:
2002-2008

Cout:
8 M € HT

Maître d’ouvrage :
DDE Cantal

Maître d’oeuvre mandataire :
Vincent Navecth architecte

Partenaires:
In Situ E.Jalbert & A.Tardivon